Alors que le groupe pétrolier russe vient d'annoncer un bénéfice net de 7,3 Md€, Berlin a pris le secteur par surprise en plaçant sous tutelle les activités allemandes du groupe russe afin de sécuriser son approvisionnement énergétique national. 

Au cours du premier semestre, Rosneft a profité de la hausse des prix du brut tirée par une forte demande et les conséquences de l'intervention militaire russe en Ukraine. Le groupe pétrolier russe a publié un bénéfice net de 7,3 Md€ et un chiffre d'affaires en hausse de 32,5 %, à 86,8 Md€. L’entreprise en a utilisé une partie pour réduire ses dettes de 12 % au cours des six premiers mois, selon le communiqué.

Des résultats « stables »  malgré « des facteurs extérieurs adverses », « des sanctions illégales » et « une pression inédite », a réagi dans un communiqué, le PDG du groupe, Igor Setchine.

45,8 Mt forés en six mois

« L'augmentation significative du coût de la logistique, des tarifs de transport ferroviaire de 18,6 % depuis le début de l'année, et des coûts de l'électricité » ainsi que « la hausse sans précédent du taux directeur » de la banque centrale russe, aujourd'hui à 8 %, ont eu un impact négatif sur les résultats, a précisé l'entreprise.

Rosneft, qui revendique avoir foré 45,8 Mt de pétrole durant le semestre, a annoncé la découverte de deux nouveaux gisements avec des réserves de brut de 101,4 Mt dans la région de son gigantesque projet Vostok Oil dans la région de Krasnoïarsk en Sibérie. La guerre en Ukraine lui coûte sur un autre plan : le britannique BP, actionnaire à près de 20 % depuis 2013, a annoncé son désengagement de l'entreprise russe dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Mise sous tutelle forcée

Berlin a annoncé dans la soirée du 17 septembre la mise sous tutelle des activités allemandes du groupe pétrolier russe. Les filiales de Rosneft, représentent 12 % de la capacité de raffinage pétrolier du pays. Elles ont été placées sous « administration fiduciaire » par l'agence nationale qui gère les réseaux d'énergie, a indiqué le ministère de l'Économie dans un communiqué. « Il s'agit de répondre aux risques qui pèsent sur la sécurité des approvisionnements » dans le pays, a précisé le ministère.

Berlin entend notamment « apporter une contribution importante pour garantir l'avenir de la raffinerie de Schwedt », implantée dans l'est du pays, à la frontière polonaise, et dont les activités sont fortement perturbées depuis que le gouvernement a décidé de réduire fortement ses importations de pétrole russe. Berlin a prévu de s'en passer totalement d'ici la fin de cette année. 

Le placement sous tutelle concerne les filiales Rosneft Allemagne (RDG) et la société RN Refining & Marketing (RNRM), qui détiennent de parts dans trois grandes raffineries du pays.

La rédaction

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