La compagnie anglo-néerlandaise, basée à Londres, a annoncé dans un communiqué s’aligner progressivement sur les nouvelles directives du gouvernement britannique, en réaction à l'invasion russe de l'Ukraine. Premier pas : cesser les achats au comptant sur le marché de pétrole brut russe.

Shell va arrêter tous les achats au comptant sur le marché de pétrole brut russe, fermer ses stations services, ainsi que ses activités de carburants pour l'aviation et lubrifiants en Russie, indique le communiqué dans lequel le groupe pétrolier annonce se « se désengager des flux d'énergie russe, tout en maintenant l'approvisionnement en énergie », notamment pour être dans les clous des nouvelles directives du gouvernement de Boris Johnson.

Le conseil d'administration du groupe anglo-néerlandais avait fait part, dès le 28 février, de son intention de vendre ses parts dans plusieurs projets communs avec le groupe russe Gazprom et ses filiales, à l’instar du projet Sakhalin-II où avait été ouverte la première unité de production de GNL en Russie et dans lequel l’entreprise détient 27,5 %. Shell abandonne en outre le gazoduc Nord Stream 2, qui a été de toute façon suspendu par le législateur allemand. Le groupe pétrolier avait financé jusqu'à 10 % des 9,5 Md$ investis dans sa construction. 

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Ses autres engagements concernent les gisements sibériens de Salym et Guydan, dans lesquels il détient 50 %. À la fin de 2021, les parts de Shell dans des entreprises russes valaient 3 Md$ et avaient généré un bénéfice de 700 M$. 

Dès la fin février, le rival britannique de Shell, BP, avait également annoncé son désengagement du géant russe Rosneft dont il détenait 19,75 %. Tout début mars l'Italien Eni avait indiqué qu'il comptait céder sa part de 50 % dans le gazoduc Blue Stream, détenu à égalité avec Gazprom. TotalÉnergies, l’un des groupes énergétiques les plus engagés en Russie, a pour l’heure dilué ses réponses.

La rédaction