L'ONU a de nouveau mis en garde contre la menace d'une marée noire que représente un pétrolier abandonné au large du Yémen. 20 Md$ seraient nécessaires pour les opérations de nettoyage selon l’agence des Nations unies.

Selon l’AFP, qui relaient les alertes d’un groupe d’experts, la structure d’un pétrolier serait « sur le point de se briser », avec un « impact potentiellement catastrophique » en termes de marée noire. Selon les estimations de l’ONU, 20 Md$ seraient nécessaires pour les seules opérations de nettoyage, selon l’ONU. Vieux d'environ 45 ans, le FSO (unité flottante de stockage et de déchargement) Safer n'a pas été entretenu depuis 2015 et contient l'équivalent d'un peu plus d'un million de barils, soit quatre fois la quantité de l'Exxon Valdez, le pétrolier qui a provoqué l'une des plus grandes catastrophes environnementales de l'histoire des États-Unis.

Le 8 avril, l'ONU a appelé les donateurs internationaux à s'engager « rapidement » de façon à réunir environ 80 M$ pour financer les premières opérations d’un plan d'urgence : transfert du pétrole vers un navire temporaire, remorquage et démantèlement.

L’agence internationale insiste sur le besoin urgent de financement, évoquant « une bombe à retardement » alors que le Yémen est déjà plongé dans l'une des pires crises humanitaires au monde en raison de la guerre qui oppose le pouvoir aux rebelles Houthis qui contrôlent le port de Hodeida. 

En réalité, le FSO est amarré depuis plus de 30 ans au sud-ouest de la péninsule de Ras Issa. La production, le déchargement et l’entretien ont cessé en 2015 en raison du conflit entre une coalition pro-gouvernementale dirigée par l'Arabie saoudite et les rebelles houthis.  Le navire est désormais irréparable.

En amont de la conférence des donateurs, organisée par les Pays-Bas et les Nations unies, qui s’est tenue le 11 mai, le Secrétaire général de l'OMI, Kitack Lim, a relayé les craines de l’ONU face aux risques imminents de rupture du pétrolier.

La rédaction

Photo : ©MarineTraffic