Les États-Unis rejoignent la Norvège et le Danemark dans leur objectif de mettre à l’eau des navires à émissions nulles d’ici 2030. Washington souhaite « qu’au moins 200 navires » utilisant l'hydrogène vert, l'ammoniac vert, le méthanol vert ou les biocarburants avancés croisent en mer avant la fin de la décennie.

Toute annonce sur l’engagement environnemental est de bon aloi quand se tient une session décisive à l’OMI sur la décarbonation du transport maritime. Le ministère américain de l'Énergie a déclaré à Reuters qu'il collaborerait avec le Danemark et la Norvège pour accélérer le process visant à mettre à l’eau avant 2030 un navire zéro carbone comme s’y est engagé le leader mondial du transport maritime de conteneurs, le Danois Maersk, notamment via le Maersk Mc-Kinney Moller Center for Zero Carbon Shipping.

Jusqu’au 17 juin se tient la 76e session du Comité de la protection du milieu marin (MEPC76) de l’OMI au cours de laquelle les États membres doivent convenir des mesures de court terme à mettre en œuvre d’ici 2023 et être au rendez-vous de la première étape de la décarbonation fixée par l’OMI en 2018. Elle assigne au exploitants de navires de réduire de 40 % d'ici 2030 l'intensité en carbone des navires par rapport à 2008. Or, le consensus espéré sur ce point stratégique – le pourcentage de réduction annuelle de l’intensité carbone des navires entre les années 2023 et 2030 – est loin d’être acquis.    

Les ministère américain de l’Énergie ne fait que répéter, sans plus de précisions, ce que l'envoyé américain pour le climat, John Kerry, avait déclaré en avril en d’autres termes. « D'ici à 2030, nous voulons que les navires capables de fonctionner avec des carburants à émissions nulles, comme l'hydrogène vert, l'ammoniac vert, le méthanol vert ou les biocarburants avancés, représentent au moins 5 % de la flotte mondiale de haute mer, mesurée en fonction de la consommation de carburant [mesure des émissions de la production de carburant à la consommation de carburant à bord d'un navire, NDLR] », fait valoir Washington.

Des navires à émissions nulles, un choix naturel lors du renouvellement des flottes

Le représentant de l’administration Biden souhaite qu’« au moins 200 navires » utilisant principalement ces carburants empruntent les principales routes maritimes en haute mer d'ici la fin de la décennie. Les experts du sujet ne manqueront pas de réagir à ces engagements de date. Le Danemark considère pour sa part que « l'objectif commun de l'initiative » est de faire en sorte que des navires à émissions nulles soit le « choix naturel » des armateurs lors du renouvellement de leur flotte.

L'Inde, le Maroc, le Royaume-Uni, Singapour, la France, le Ghana et la Corée du Sud apporteront leur soutien à cette initiative, notamment en partageant des informations, ont indiqué les responsables.

A.D.

©Éric Houri