Crise russo-ukrainienne : le transport maritime dans l'attente des sanctions

Dans la confusion et la précipitation, sans savoir comment la situation va évoluer dans les ports, le secteur a pris ses premières dispositions. Suspension d’escales, fermeture des terminaux alors que la navigation devient difficile dans la mer d’Azoz et la mer Noire et que des pétroliers ont été pris pour cibles par des missiles. Les indicateurs du marché réagissent dans l'excès.…

Le pétrole à l'épreuve d'un marché qui en demande plus

Entre la Russie, partenaire mis au ban de la communauté internationale, et l'Iran sur le point de revenir dans le jeu pétrolier, l'OPEP va devoir jouer finement. Alors que la demande pousse le marché, l'offre est en défaut. Curiosité géopolitique, l'apport du pétrole iranien est vécu comme un soulagement.

La Libye dans les limbes du pétrole

Bien qu'elle détienne les plus grandes réserves pétrolières mondiales, la Libye est passée du statut de premier producteur de l'OPEP à celui de pays luttant pour maintenir un niveau constant de production et d'exportation. Depuis le début de l’année, le marché méditerranéen des aframax, pétroliers de prédilection pour les exportations pétrolières libyennes, a retrouvé une certaine dynamique.

La capacité de regazéification à la peine en Europe ?

Pour accueillir plus de GNL importé, encore faut-il avoir la capacité de le traiter. En cas de perturbations prolongées de l'approvisionnement en gaz, notamment si des sanctions frappaient la Russie, les terminaux de GNL européens seraient limités pour absorber un surplus en provenance des États-Unis ou d'autres grands producteurs.

L'Europe s'affirme en première destination du GNL américain

En février, et pour le troisième mois consécutif, la demande de l'Europe pour le GNL portera au plus haut les exportations de gaz américain au point de représenter les trois-quarts des volumes. Les unités de liquéfaction américaines tournent à plein régime. Le week-end dernier, et pour la première fois, il y avait des méthaniers amarrés à l’ensemble des terminaux de Louisiane.

Le prix des carburants maritimes sur le point de pulvériser les jauges historiques

Ce n’est une bonne nouvelle ni pour les exploitants de navires ni pour les clients du conteneur, secteur où la surcharge carburant se répercute. Selon la dernière évaluation de Ship & Bunker, le prix moyen du VLSFO dans les 20 principaux ports de soutage atteint désormais les 731,50 $ la tonne. En cause, le prix du gaz et le changement de combustible pour les méthaniers.

Euronav en perte de 340 M$ en 2021

L’un des plus importants exploitants de très grands transporteurs de brut est passé en un an d’un résultat net positif de 473 M$ à une perte sèche de 339 M$. De trimestre en trimestre, l’armateur belge n’a fait que reporter la reprise des taux de fret tout en manifestant une confiance absolue dans son marché.

Jusqu’à quelle profondeur les navires pétroliers peuvent-ils forer ?

Après avoir connu en 2021 la pire année depuis trois décennies et un début d'année 2022 catastrophique, les analystes viennent une nouvelle fois revoir à la baisse leurs prévisions concernant la demande de transport de brut. La scène géopolitique est sans doute la plus tendue depuis des décennies. Le spectre des sanctions à l’égard de la Russie, deuxième producteur mondial de pétrole, et la multiplication des attaques yéménites au Moyen-Orient ne plaident pas en faveur d’un retour serein aux affaires.

Les méthaniers, freins à la décarbonation mondiale ?

Selon la société de classification Lloyd’s Register, les deux premières générations de méthaniers, soit 400 unités sur les 610 que compte la flotte mondiale, répondront difficilement aux prochaines exigences de l’OMI. Dans le contexte actuel, où le GNL est la seule alternative immédiatement disponible pour remplacer le charbon dans la production d’électricité, leur non-conformité réglementaire risque de retarder la décarbonation.

Crise ukrainienne : éviter un « choc d’approvisionnement » en gaz et en pétrole

La dépendance de l'Europe à l'égard du gaz naturel russe – 35 à 40 % transitant principalement par oléoducs – rend les sanctions contre les exportations russes peu probables. Bruxelles et Washington ont néanmoins indiqué la semaine dernière étudier différentes pistes pour éviter un « choc d’approvisionnement ». Non sans impacts pour le transport de GNL et de brut.

Pages