Les taux de fret à la croisée des chemins

Entre accalmie passagère et désescalade durable, les taux de fret sont en repli manifeste là où ils ne s’étaient jusqu’à présent pas enrayés. Il reflète la faiblesse des fondamentaux du commerce international mais les analystes restent prudents dans leur interprétation. D’autant qu’ils ne semblent pas s’accorder sur les données. Pour autant, le gouffre béant entre le spot et le long terme se rétracte.

Outre-Atlantique, la congestion portuaire passe à l'Est

Si la situation se détend dans les ports ouest-américains, elle se tend à l’est en raison du nombre de navires et de services déroutés. D’ici avril, le marché transpacifique doit absorber une capacité supplémentaire de 40 à 60 % selon les sources. À l’ouest, les négociations sociales, qui doivent démarrer en avril entre la direction et les dockers, font craindre une paralysie.

Montée en puissance des transporteurs hors alliances

La concurrence, et la course à la capacité qui en découle, est âpre entre les trois principales alliances mondiales opérant sur les trois lignes régulières conteneurisées est-ouest. Mais de façon surprenante, elles ont surtout cédé du terrain face aux opérateurs indépendants.

Shanghai Jinjiang Shipping se lance sur le transpacifique

Les taux de fret au plus haut aiguisent les appétits. Après China United Lines (CUL) et BAL Container Line qui, d’ordinaire positionnés sur le transport intra-asiatique, se sont lancés sur deux des grandes lignes transcontinentales, Shanghai Jinjiang Shipping rejoint l’aventure.

Conteneurs : l'improbable traversée des six premiers mois de l'année

2021 n’est qu’à mi-parcours mais il s’est déjà passé tellement de choses en à peine six mois. Les perturbations dans l'offre sont devenues le principal moteur des taux de fret, qui semblent sans limites. La demande de transport ne manifeste aucun signe d’essoufflement. La productivité des ports est particulièrement dégradée. Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont sous tension. Mais les transporteurs ont les bénéfices heureux.

Déficitaire en mars 2020, ZIM va verser un dividende « spécial » en mars 2021

Alors qu’il y a un an à la même période, le transporteur israélien se rétablissait mais était encore déficitaire, la compagnie s'apprête à verser, à l’issue d’un trimestre très rentable, un dividende d'environ 238 M$ en plus de celui prévu pour l’année. Désormais coté en bourse, l’armateur présente un bénéfice net record de 589,6 M$ et un résultat d'exploitation en hausse de 2 645 %.

HMM a réalisé en trois mois le bénéfice d'une année d'exploitation

La compagnie sud-coréenne a publié à l’issue des trois premiers mois de l’année un bénéfice d’exploitation de 884,25 M$ contre une perte de 1,7 Md$ pour la même période de l'année dernière. Le transporteur sud-coréen bénéficie pleinement de l'arrivée à point nommé de ses mégamax et de son positionnement sur les routes les plus lucratives.

Taux de fret : sans limites

Sans répit, les taux de fret continuent de s’emballer sur toutes les routes, y compris le transatlantique qui avait été relativement épargné jusqu’au blocage du canal de Suez. C’est néanmoins la ligne Asie-Europe du Nord qui reste la plus nerveuse avec un tarif à près de 10 000 $ pour transporter une boîte de 40 pieds.

1,3 Md$ d'exportations agricoles américaines restées à quai

Selon des données compilées par le Census Bureau, le centre des statistiques du département du Commerce des États-Unis, des cargaisons agricoles n’auraient pas été prises en charge dans les principaux ports américains entre juillet et décembre 2020. Une nouvelle pièce à charge pour les transporteurs de conteneurs auxquels il est déjà reproché de privilégier le renvoi de conteneurs vides en Chine dans le but d’accélérer certaines rotations fort lucratives. ​

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